Les élus du Conseil de Paris ont voté en décembre 2025 le renouvellement de la concession de service public de production et de distribution de la chaleur de Paris qui arrivait à échéance.
Dans le projet de délibération, les élus parisiens annoncent l’implantation dès fin 2031 d’une « nouvelle centrale EnR² vapeur (représentant 300 MW en 2033) pouvant produire de la chaleur à partir de combustible solide de récupération (CSR) ou bois déchets (bois B), alimentée intégralement par voie fluviale, sur un foncier situé à Vitry-sur-Seine qui constituera un bien de retour pour la Ville ». En clair : un incinérateur qui ne dit pas son nom.

Cette usine serait donc construite aux Ardoines (94) pour produire de la vapeur destinée à alimenter le réseau de chauffage parisien, et brûlerait des CSR ou « combustibles solides de récupération » ainsi que du « bois B ».
A savoir : des refus de tri, du plastique (en majorité), du carton non-recyclable, des textiles, et du bois pollué (encombrants, bois comportant de la colle, du vernis, des solvants…). Ces déchets seraient collectés dans un rayon de 300 kilomètres à la ronde ! Il ne s’agit donc pas de « faire preuve de responsabilité en gérant les déchets que nous produisons », mais bien d’aller les chercher sur un très large rayon, pour venir les brûler en zone urbaine dense – un véritable non-sens sanitaire.
Un quai de transfert des déchets serait construit à Ris-Orangis pour acheminer ces CSR sur les derniers kilomètres par voie fluviale – piètre alibi pour faire croire à la décarbonation du transport.
Or au Collectif 3R nous dénonçons depuis des années la pollution émise par l’incinérateur d’ordures ménagères d’Ivry-Paris 13, à laquelle est exposée une large population.
Alors que dans le Val-de-Marne nous sommes déjà cernés par les usines d’incinération, (à Ivry, Créteil et Rungis), cet équipement supplémentaire représente une nouvelle menace pour notre santé et celle de nos enfants.
500 000 personnes seraient concernées par les rejets de cette usine, dont une quantité très importante d’établissements scolaires.
Or les autorités sanitaires alertent sur impacts des usines classées ICPE sur la santé humaine et environnementale (cf par exemple le rapport de l‘Ineris et de Santé Publique France de 2025)
et d’après nos études, la proximité des ICPE augmente grandement l’exposition aux polluants, et donc les risques pour la santé.
Nous dénonçons donc particulièrement l’installation de ces usines en zone urbaine dense, et ce d’autant qu’il s’agit d’une énième installation polluante dans une banlieue précaire, en faisant à nouveau un territoire sacrifié.
Nous dénonçons fermement cette logique de territoire servant d’un autre siècle. Les habitant.e.s du territoire n’ont pas été concertés en amont de ce projet imposé, inutile et polluant.
Un grand nombre de communes riveraines qui seraient impactées par la construction de cette usine ont d’ailleurs émis des vœux, des délibérations, et lancent des campagnes d’affichage pour manifester leur opposition ferme et définitive à ce projet.
La (mal nommée) concertation préalable a débuté le 1er septembre et durera jusqu’au 1er novembre. Elle a pour objet d’informer la population et de recueillir son avis quant à l’installation d’un nouvel incinérateur à Vitry-sur-Seine : « Thermo-sur-Seine ».
Seule une mobilisation citoyenne massive peut faire reculer les élus parisiens sur ce projet – la mobilisation a d’ailleurs payé à Istres, où un projet de ce type a dû être abandonné !
Alors, comment agir ?
1. En contribuant à la concertation préalable qui se déroule du 1er septembre au 1er novembre
=> en tant que particulier : en écrivant une contribution personnelle et en posant des questions publiques auxquelles le maître d’ouvrage sera tenu de répondre
=> en tant que personne morale (association, organisme…) : en rédigeant un cahier d’acteur sur le site de la concertation préalable.
Et en invitant un maximum de gens à faire de même.
2. En signant la pétition citoyenne de l’inter-orga en lutte contre Thermo-sur-Seine
et en la diffusant un maximum autour de vous. Objectif 15 000 signatures !
3. En rejoignant le Comité de soutien à la lutte contre Thermo-sur-Seine
Plus d’information sur les associations et structures déjà signataires ici. Un grand merci à elles et eux ! Et si vous voulez nous rejoindre, contactez-nous par mail à collectif3r@gmail.com
4. En affichant votre opposition à Thermo-sur-Seine



