
Déjà près de 5000 signatairesde la pétition citoyenne lancée en septembre interpellent les élu.e.s de la Ville de Paris pour demander l’abandon du projet Thermo-sur-Seine.
Le 6 octobre 2026, le Conseil de Paris débutera avec une session spéciale sur l’adaptation aux canicules.
D’un côté le Conseil de Paris se prépare pour améliorer la qualité de l’air et la résilience à la canicule de la ville de Paris, et de l’autre le Conseil de Paris a décidé d’imposer un méga-incinérateur de déchets dans sa banlieue populaire à Vitry-sur-Seine pour produire de la chaleur principalement pour Paris, même en été.
Ce choix va dégrader l’habitabilité de la zone alors que c’est précisément dans les quartiers populaires que l’on meurt le plus durant les canicules.
Cet équipement polluant, surdimensionné car ce sera le plus gros incinérateur de déchets CSR (Combustibles Solides de Récupération) de France, va empêcher la création d’un îlot de fraîcheur en bord de Seine pour 500 000 habitants qui habitent dans un rayon de 4 km.
Avec son quai de déchargement, il va condamner pour les riverains l’accès aux bords de la Seine.
En même temps que le Conseil de Paris va débloquer de l’argent pour adapter le bâti de ses écoles aux canicules, le Conseil de Paris va financer un incinérateur qu’il va construire à quelques mètres d’écoles et de crèches dans le Val-de-Marne.
Il n’est pas anodin de constater que c’est dans le Val-de-Marne, à Créteil, là où on s’apprête à agrandir un incinérateur d’ordures ménagères, que le mouvement social lycéen a débuté. C’est en effet un département avec une population particulièrement jeune qui est délaissé depuis trop longtemps.
Les quartiers qu’on sacrifie pour y installer des incinérateurs sont souvent ceux où l’on sacrifie aussi l’éducation.
Nous savons que d’exploiter un incinérateur en pleine canicule augmente les risques d’incidents notamment le départ de feux, et augmente la toxicité des polluants émis par l’incinérateur notamment la pollution à l’ozone.
En cas d’incident, les habitants auront le choix entre fermer leurs fenêtres et souffrir de la chaleur, où les laisser ouvertes et s’exposer aux fumées toxiques de l’incinérateur. C’est une situation que nous connaissons car elle s’est déroulée en juin 2026 à Ivry-sur-Seine suite à un incident dans l’usined’incinération de l’Interval.
L’installation de l’incinérateur Thermo-sur-Seine dans une zone inondable que l’Observatoire Régional de la Biodiversité considère comme une zone prioritaire à renaturer va rendre le territoire de Vitry-sur-Seine moins résilient face aux risques d’inondation qui vont augmenter avec le changement climatique.
Nous ne pouvons accepter une adaptation au dérèglement climatique à deux vitesses : pour Paris la reconquête de la Seine et la baignade et pour les quartiers populaires la pollution et l’absence d’accès à la fraîcheur.
Paris ne peut s’adapter au changement climatique en détériorant des territoires qui ont déjà beaucoup été sacrifiés au bénéfice de la métropole et qui cumulent déjà beaucoup de nuisances (autoroutes, cimetières, voies ferroviaires, incinérateurs, sols pollués, usines de traitement de l’eau, usines électriques…).
Puisque ce sont les élus du conseil de Paris qui ont décidé de construire cette usine, ils peuvent décider de l’abandonner.
Les associations ACID-VITRY, ALIC, COLLECTIF 3R, SOULEVEMENTS DE LA TERRE IDF, avec leur comité de soutien organisent une manifestation le 6 octobre 2026 à 17h devant l’Hôtel de Ville de Paris pour exiger l’abandon de ce projet que les élus parisiens veulent imposer alors que les élus du Val-de-Marne et ses habitants n’en veulent pas !

