La Commission de Suivi de Site (CSS) est une structure d’information et de concertation obligatoire pour les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) en France, comme le sont les incinérateurs d’ordures ménagères.
Elle réunit des représentants de l’État, des collectivités locales, des riverains, des exploitants et des salariés pour échanger, suivre l’activité et informer le public.
Le Collectif 3R y siège, en tant qu’association représentant les riverains.
Nous avons un siège notamment un siège au Bureau de la CSS, comme d’autres associations de riverains (Passerelles par exemple).
Nos retours sur cette CSS du 20 mai 2026
Nous saluons la qualité des présentations et le travail de contrôle de la DREAT concernant les accidents sur cette usine vieillissante.
Vu la quantité de travaux engagés par le SYCTOM pour que l’usine puisse fonctionner en toute sécurité pour quelques mois de plus en attendant la mise en route de l’usine Interval, nous sommes toujours d’avis qu’il aurait été plus raisonnable de fermer un four en décembre 2025 car la logistique pour prendre en considération la réduction du tonnage était déjà mise en place.
Cette décision de faire fonctionner l’usine à pleine capacité a coûté très cher au contribuable.
des accidents fréquents
Le bilan des recherches des causes profondes a mis en évidence le rôle des explosions de protoxyde d’azote dans les incidents constatés en 2025. Etant donné qu’une bouteille de protoxyde explose toutes les heures dans l’usine, que pratiquement tous les camions-bennes transportant des ordures ménagères en contiennent, que la taille des bonbonnes ne fait qu’augmenter et que la consommation de protoxyde d’azote ne devrait pas diminuer dans les années qui viennent, peut-on réellement considérer les ordures ménagères en 2026 comme des déchets non-dangereux ? Vu leur risque explosif, et leur implication dans des incidents qui conduisent à un mauvais fonctionnement régulier des systèmes de filtration, ces déchets ne devraient-ils pas être traités selon les mêmes règles que les déchets dangereux notamment concernant la distance de sécurité requise entre les installations et les habitations ?
Le BARPI, un bureau de la direction générale de la prévention des risques (DGPR), alertait déjà dans un rapport paru en 2025 sur les explosions de bonbonnes de protoxyde d’azote dans les usines d’incinération.
Amélioration du protocole de biosurveillance
Concernant le protocole de biosurveillance prévu pour la prochaine usine de l’Interval, nous sommes satisfaits que notre demande d’augmentation des stations de prélèvement de mousses et d’eau de pluie dans le kilomètre autour de l’usine ait été entendue. Nous accueillons positivement la mise en place de cultures de choux frisés qui pourront être informatives pour les personnes qui jardinent autour de l’usine.
Nous soutenons néanmoins la demande du maire de Charenton d’ajouter deux stations dans les écoles de Port-aux-Lions et de Robert Desnos vu leur proximité avec l’incinérateur. Nous n’avons pas compris la réponse du SYCTOM sur ce point car ils ont affirmé que ces deux écoles n’étaient pas concernées par des retombées maximales de l’usine ; or sur la carte fournie et diffusée le 20 mai, ces écoles sont bien dans le panache d’une couleur verte plus intense (donc d’après le code couleur, une concentration plus forte de polluants) que le nord de Charenton-le-Pont. Par ailleurs, une station de prélèvement a bien été décidée et localisée à une cinquantaine de mètres de ces deux écoles. Nous ne comprenons donc pas bien pourquoi la station à 50 mètres de l’école serait concernée par des retombées maximales, mais pas l’école juste à côté. Nous rappelons que ces deux écoles reçoivent tous les jours des publics vulnérables vis-à-vis de la pollution de l’air.
Demande de mesure des PFAS
Nous réitérons notre demande que soit ajoutée une mesure des PFAS dans les prélèvements effectués dans les stations.
Nous entendons bien qu’il ne s’agit pas pour le moment d’une obligation réglementaire, mais comme le soulignait M. le Sous-préfet, il peut parfois être intéressant d’aller au-delà des contraintes réglementaires.
La mesure des PFAS autour de l’usine pourrait permettre d’étudier sur les points les plus impactés par le panache s’il existe une contribution de l’incinération à la contamination des sols aux PFAS. Il pourrait également être intéressant d’évaluer s’il existe une corrélation entre une quantité de PFAS émise dans les prélèvements ponctuels obligatoires dans les cheminées et une quantité de PFAS dans les sols environnants.
Lors de la réunion, il a été annoncé que la nouvelle usine de l’Interval devrait être mise en service courant septembre 2026. Avant sa mise en service nous réitérons certaines de nos demandes.
Nos demandes pour la mise en service de l’Interval
- Que les émissions de l’usine « l’Interval » soient limitées par un arrêté préfectoral, qui fixe les émissions de dioxines dans les fumées et dans les sondes AMESA à < 0.01 ng TEQ/Nm3.
Cette demande est motivée par la proximité très importante de l’usine des habitations et elle paraît raisonnable car la moyenne des prélèvements effectués sur l’ancienne usine présentée à la CSS était de 0.015 ng TEQ/Nm3.
Une nouvelle usine avec des équipements de dernière génération devrait être capable d’émettre <0.01 ng TEQ/Nm3.
- Que les sondes AMESA soient en service lors des arrêts-redémarrages des fours et des OTNOC.
Les OTNOC sont l’acronyme anglais de Conditions d’Exploitation Autres que Normales. Cela désigne par exemple les accidents, durant lesquels les sondes s’arrêtent.
- Que les valeurs limites des métaux lourds s’alignent sur les valeurs limites les plus contraignantes d’Europe.
- Que les émissions de particules fines et ultra-fines soient mesurées (comme cela est fait par certains incinérateurs) et qu’un arrêté préfectoral en limite les rejets.
- Que le Préfet s’oppose à toute nouvelle usine d’incinération d’ordures ménagères ou de déchets type CSR sur le département du Val-de-Marne ainsi qu’à toute nouvelle extension des capacités des UIOM déjà en fonctionnement.
- Que l’activité de l’usine soit publiée en temps réel (essais, arrêts-redémarrages, incidents…) pour informer la population et les médecins. C’est lors des arrêts et redémarrages que la pollution est la plus susceptible d’être relâchée en quantité importante. En cas d’incident les habitants doivent être opportunément informés et recevoir des consignes pour savoir comment se protéger.
- Que des consignes soient données dans les écoles et auprès des riverains pour savoir quoi faire en cas d’incident dans l’usine.
- Qu’en cas d’émission inhabituelle de PCB, PFAS et dioxines bromées soit présentée dans le Dossier d’Information du Public une analyse des causes possibles.
Par ailleurs, nous constatons qu’il y a eu très régulièrement des incidents dans l’usine suite à des intempéries. Avec le dérèglement climatique, les événements climatiques vont être amenés à se répéter et à s’intensifier. Nous demandons quelles mesures ont été prises pour protéger l’usine de l’Interval par rapport à cela.
