Le mouvement Zero Waste (zéro déchet et zéro gaspillage)


Le premier février 2014, dans une salle mise à disposition par la mairie de Bobigny, Arivem, le CNIID, Zero Waste Europe, avec Environnement 93, et le Collectif 3R, ont organisé la première réunion du mouvement Zero Waste France.

Ce mouvement, très actif en Italie, s’est donné comme objectif un taux optimal de réduction des déchets et la collecte sélective des déchets recyclables, afin de valoriser nos déchets et de ne plus avoir qu’à traiter la partie minimale restante.

Selon l’étude comparative sur la collecte séparée des biodéchets de l’Ademe de juin 2013, les pays pratiquant une collecte généralisée des biodéchets ont un taux de déchets résiduels se situant entre 150 à 170 kg par habitant et par an, alors qu’en France il avoisine les 300kg (400 kg sur le territoire du Syctom) . Dans ces pays les efforts se concentrent désormais sur le gisement restant.

Le mouvement Zero Waste prône les 3R (réduire, réutiliser, recycler) dans l’ordre d’importance de sa hiérarchie : réduire car le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas ; réutiliser car il est absurde de jeter ou brûler des produits ou des matières réutilisables pour en produire de nouvelles ; recycler en dernier recours afin que les déchets entrent dans l’économie circulaire qui permet de ne pas augmenter sans fin le poids des déchets et la captation de ressources qui ne sont pas inépuisables.

Le mouvement Zero Waste considère que les déchets ne sont pas des rebuts mais des ressources potentielles. Il est en effet inepte de brûler les déchets fermentescibles contenant beaucoup d’humidité, alors que ces déchets se décomposent naturellement en redevenant un fertilisant organique. Quant aux déchets à base d’hydrocarbure, notamment les plastiques, il faut en réduire l’utilisation au minimum et augmenter les filières de recyclage afin d’arrêter d’en produire sans fin.

En outre, le recyclage des déchets offre des perspectives de créations d’emplois beaucoup plus nombreuses que l’élimination, quelque soit le mode opératoire employé. Et pour que cela soit viable économiquement, il faut que le traitement des déchets se fasse dans de petites unités locales rendant non délocalisables les filières de recyclage et de réemploi.

A Capannori en Toscane, l’engagement dans la voie du Zero Waste a conduit la municipalité à pousser sa réflexion très loin en travaillant directement avec des industriels de l’agro-alimentaire et des scientifiques. Cela a produit des résultats étonnants, comme la mise au point de capsules de dosettes de café biodégradables et l’utilisation du marc de café dans des champignonnières, par exemple. L’eau minérale, le lait, et l’huile d’olive peuvent s’acheter à des tireuses publiques où la population s’approvisionne en apportant ses propres bouteilles.

Cette démarche ouvre un horizon nouveau sur notre rapport aux déchets que nous produisons. Comme l’a dit le maire de Capannori le 1er février, c’est un défi ambitieux à relever qui implique l’investissement de toute la société, mais au premier chef les responsables politiques. C’est le premier défi que nous nous fixons, et il ne sera pas le moindre à voir le peu d’enthousiasme des élus à s’engager sur la collecte sélective des bio-déchets en Ile-de-France.

Article à retrouver dans la lettre d’info n°4.

20140201 lancement zerowastefrance

© Antonio Di Giovanni

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