Décision du Conseil Municipal d’Ivry-sur-Seine du 30 janvier 2014


Le 30 janvier, le conseil municipal a voté à l’unanimité, moins 5 abstentions, un voeu décidant l’abandon du projet d’usine de TMB/Méthanisation sur le site Ivry-Paris -XIII et la mise en place dans la prochaine mandature de la collecte séparée des bio-déchets à Ivry-sur-Seine.

Même si cette décision doit être confirmée par une délibération du conseil, puisque le conseil municipal avait validé cette construction par un précédent vote, ce changement de positionnement en dit long sur la prise de conscience des aspects néfastes de cette méthode de traitement des déchets.

Nous sommes conscients que l’incendie de Fos-sur-mer a pesé lourdement dans la décision du conseil municipal, et nous ne pouvons que regretter qu’il faille que de tels accidents se produisent pour accréditer les arguments de bon sens.

Nous souhaitons être pris un peu plus au sérieux par la suite car ne l’oublions pas, il reste une part du projet non négligeable à remettre en cause.

Lors de la phase de concertation, à l’issue du débat public en 2009, nous avions présenté un scénario alternatif qui n’avait pas été considéré comme sérieux par le Syctom. Nous insistions dans ce scénario sur la nécessité de prendre en compte la totalité des capacités d’incinération existantes en Ile-de-France et non pas, comme le conçoit le Syctom, les seules capacités de ses trois usines. Pour les prévisions de besoins en traitement nous avions repris les tonnages communiqués par le Syctom en leur appliquant les objectifs de diminution exigées dans la loi Grenelle 2 de l’environnement et par le Plan Régional d’Élimination des Déchets Ménagers et Assimilés (PREDMA).

Quatre ans plus tard, les baisses de tonnage confirment que nos prévisions étaient beaucoup plus pertinentes que celles inscrites dans le document du Syctom qui servent encore de référence pour le futur projet.

D’autre part, la reconstruction de l’usine d’incinération, telle que prévue, prévoit que la diminution par deux du tonnage traité, soit 680 000 tonnes actuellement pour 350 000 dans le futur projet, n’est réalisable qu’en brûlant des déchets concentrés appelés Combustibles Solides de Récupération (CSR), issus des deux usines de TMB/Méthanisation d’Ivry et de Romainville, qui sont des déchets secs à fort pouvoir calorifique, contrairement à ceux brûlés actuellement qui sont très humides du fait que toutes les matières fermentescibles y sont mises en vrac. Qu’en sera-t-il si les deux usines de TMB/Méthanisation sont abandonnées, comme cela semble en prendre le chemin ?

Tout en restant vigilants sur le devenir du projet de TMB/Méthanisation, nous allons axer nos actions sur la mise en place de la collecte séparée à Ivry, comme le conseil municipal l’a adopté lors du vœu voté le 30 janvier. Mais pour être totalement efficace la collecte séparée des biodéchets doit être pratiquée partout, et notamment à Paris où, comme le prouvent les exemples de grandes villes historiques italiennes et espagnoles, cela est tout à fait réalisable en zone urbaine dense et ancienne.

Nous sommes prêts et disposés à nous associer au Syctom et à toutes les communes qui le désireraient pour mettre en place une collecte séparée des bio-déchets, première étape incontournable du mouvement Zéro Waste (zéro déchets/zéro gaspillage).

Article à retrouver dans la lettre d’info n°4.

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