Incidents à répétition et dépassements des normes, le four numéro 2 de l’incinérateur d’ordures ménagères d’Ivry-Paris XIII doit fermer


Ivry-sur-Seine, le 7 janvier 2026 – la publication le 6 janvier 2026 d’un article dans Le Monde révèle de nouveaux accidents et dépassements de polluants émis par l’ancien incinérateur d’Ivry-Paris-XIII et par le nouvel incinérateur de l’Interval. Le Collectif 3R a fait une pétition pour demander la fermeture du four 2 de l’incinérateur d’Ivry-Paris XIII et la mise en place d’une information transparente en temps réel des riverains en cas d’accident d’exploitation.

Trois mois après avoir alerté sur un accident d’exploitation dans l’ancien incinérateur d’ordures ménagères d’Ivry-Paris XIII le 24 septembre 2025, nous apprenons dans un article du journal Le Monde que cet incident a été responsable d’un dépassement des normes de dioxines et de monoxyde de carbone dans le four numéro 2 alors que ce four a déjà été responsable de dépassements de dioxines et de dioxyde de soufre en 2024. Un accident d’exploitation responsable d’émissions “non conformes” a également eu lieu le 1er novembre 2025 sans que le bureau de la Commission de Suivi de Site n’en ait été  informé. 

L’article dans le journal Le Monde publié le 6 janvier 2025 révèle :

  • qu’il y a eu un accident d’exploitation dans la future usine d’incinération d’ordures ménagères de l’Interval à Ivry-sur-Seine le 6 octobre 2025 qui va retarder sa mise en route de 10 mois sachant que la mise en service de cette installation est déjà en retard de plus de 2 ans.
  • que ce retard va amener à prolonger à pleine capacité l’usine vieillissante d’Ivry-Paris XIII, qui est exploitée depuis 55 ans alors qu’elle a été responsable d’accidents d’exploitation et de dépassements des normes de dioxines, de monoxyde de carbone et de dioxyde de soufre en 2024 et 2025 en particulier dans le four 2.

Le Collectif 3R est membre du bureau de la Commission de Suivi de Site (CSS) en charge de surveiller l’usine. Nous sommes particulièrement choqués de découvrir ces informations dans la presse sans que le Syctom ne nous ait informés ni n’ait organisé de réunion de bureau à ce sujet. Cette situation est particulièrement préoccupante quand on sait qu’une réunion de bureau de la CSS a eu lieu le 15 octobre 2025 sans que ni Suez, ni le Syctom n’informe le bureau de la CSS de l’incident du 6 octobre 2025 et que de nombreux riverains ont contacté le Syctom ces derniers mois après avoir constaté des comportements inhabituels dans les deux usines.

Mathilde ROUSSEAU, co-présidente du Collectif 3R, réagit :

La mise en évidence d’un dépassement concernant les dioxines et le monoxyde de carbone lors de l’accident d’exploitation du 24 septembre 2025 confirme la pertinence d’informer les riverains en temps réel en cas d’accident en cours dans l’usine afin qu’ils puissent limiter si possible leurs expositions, en particulier les populations vulnérables.” 

La mise en service de la nouvelle usine de l’Interval va être retardée de 10 mois sans que les causes de ce retard ne soient expliqués. Cette durée interroge quand on sait que moins de 3 semaines après l’accident dans le four 2 du 24 septembre, celui-ci était à nouveau en fonctionnement. 

L’accident a-t-il été d’une extrême gravité et conduit à des dégâts majeurs ? Si oui, comment expliquer l’absence de transparence ? Pouvons-nous faire confiance à Suez pour exploiter de manière sécuritaire cette nouvelle usine quand un accident majeur a lieu moins de 6 mois après sa mise en route ? Ce serait le deuxième accident d’exploitation grave en 2025 dans une usine neuve et coûteuse du Syctom, après l’incendie du centre de tri des Batignolles.

L’accident du 6 octobre est-il un prétexte pour ne pas tenir les engagements de réduction des déchets incinérés sur le site d’Ivry ? Faute d’une politique efficace de prévention des déchets, le président du SYCTOM a indiqué qu’après la mise en service de l’usine de l’Interval, il allait falloir exporter des déchets pendant huit ans notamment au Havre et à Créteil. Cet export va coûter cher, le Syctom tire-t-il avantage de cet incident pour retarder la mise en service de l’Interval pour des raisons d’équilibre budgétaire ?

Jacqueline CHEMALY, membre du CA du Collectif 3R, interpelle les élus des collectivités du Syctom :

“L’Usine de l’Interval accuse un retard de 3 ans et on s’achemine vers un doublement du coût initial déclaré. Expliquez-vous ! Ces sommes considérables sont de l’argent public”.

En 2018, l’autorité environnementale avait dit que la durée normale d’exploitation d’un incinérateur d’ordures ménagères est de 40 ans. L’incinérateur d’ordures ménagères d’Ivry-Paris XIII est exploité depuis 55 ans et a été le lieu, en particulier dans le four 2, d’accidents d’exploitation en 2024 et 2025 responsables de dépassements des normes de certains polluants. Alors que le Syctom s’est engagé à réduire la quantité de déchets brûlés de moitié sur le site d’Ivry à partir du 1er décembre 2025, il va dépenser 44 millions d’euros pour permettre à l’ancien incinérateur de fonctionner à pleine capacité pendant encore 9 mois sachant que 17,75 millions d’euros ont déjà été dépensés depuis 2024 pour de “gros entretiens réparation” pour prolonger cette usine parce que la mise en route de l’Interval a pris du retard.

Amélie BOESPFLUG, co-présidente du Collectif 3R, réagit :

“Comment expliquer cette situation et cet argent public littéralement « brûlé » pour prolonger de 10 mois une installation en prenant le risque d’un accident industriel grave ? Nous demandons la fermeture du four 2 de l’usine d’Ivry-Paris XIII car nous ne pouvons accepter que l’ancien incinérateur continue à fonctionner à pleine capacité au détriment de notre santé et de notre sécurité, au mépris des engagements politiques et contractuels».

Le Collectif 3R (Réduire, Réutiliser, Recycler) est une association créée en 2010 qui milite pour le développement d’une politique vertueuse de réduction des déchets et pour protéger les habitants d’installations polluantes (incinérateurs d’ordures ménagères, décharges, tri mécano-biologique…). 

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