Des nouvelles du projet de reconstruction de l’incinérateur


Le financement de l’usine d’incinération définitivement voté !

Lors du dernier conseil syndical du Syctom, les élus représentant les communes adhérentes avaient à se prononcer sur l’approbation de l’avenant qui concerne la tranche de reconstruction de l’usine d’incinération d’Ivry-Paris-13 pour un montant de 530 millions TTC.

Sur quatre-vingt dix élus composant le nouveau conseil syndical, six s’y sont opposés et un s’est abstenu. Les six élus qui ont voté contre appartiennent tous au parti EELV. Lors des quelques rares prises de parole qui ont précédé le vote, Anne SOUYRIS du groupe EELV est intervenue de manière très critique contre le projet du Syctom, reprochant à son Président, Hervé Marseille, d’avoir méprisé l’alternative du Plan B’OM, soutenu par les associations, plan pour lequel le Syctom n’a opéré aucune étude comparative. Romain Zavallone, élu EELV représentant le nouveau territoire Grand Orly – Val de Bièvre – Seine Amont (T12), est également intervenu pour signifier sa désapprobation et son refus de voter l’avenant.

Conseil municipal d’Ivry-sur-Seine du 25 janvier

Philippe Bouyssou, maire d’Ivry-sur-Seine, avait pour sa part décidé de demander à son conseil municipal de lui donner mandat pour voter l’avenant qui concerne la reconstruction de l’usine d’incinération. Ce vote avait pour but d’annuler le vœu présenté en octobre par le groupe EELV qui s’opposait à la reconstruction de l’usine d’incinération. Ce vœu avait obtenu une majorité contre l’avis du maire. Contrairement à son engagement de respecter le vote de son conseil municipal, Philippe Bouyssou n’a pas voté contre le projet lors de la séance du conseil syndical du Syctom du mois de décembre. Il a préféré demandé le report du vote, afin de solliciter des autres maires des communes du bassin versant et une consultation de leurs propres conseils municipaux sur l’approbation ou non du projet du Syctom. Sans surprise, la majorité des communes lui a apporté son soutien.

La délibération présentée par le maire a recueilli 21 voix pour et 18 voix contre et six ne participant pas au vote. Les élus des groupes EELV, PS, CCI, et Mourad Tagzout du Parti de Gauche ont confirmé leur opposition au projet. Les six élus de l’opposition de droite, ont désavoué leur vote du mois d’octobre en ne participant pas au vote. Ayant réuni la majorité, Philippe Bouyssou a pu, dès le lendemain, donner son approbation au vote de l’avenant du Syctom.

Lors du conseil municipal du 25 janvier nous avons pu nous exprimer avant le vote. Vous pouvez lire notre intervention : collectif3r.org/conseil-municipal-ivry-sur-seine-25-janvier-2017-intervention-gerard-marcon-collectif-3r/

Et maintenant ?

Cette année, qui va précéder l’éventuel début de la reconstruction, est une année cruciale pour le Collectif 3R et pour ses soutiens, si nous voulons arrêter ce projet nuisible.

Le Syctom va commencer les procédures de permis de construire et de demande d’autorisation d’exploiter pour l’usine d’incinération. La loi impose que l’ensemble des éléments techniques soit mis à la connaissance de la population par une enquête publique, avant que le préfet n’autorise l’exploitation. Évidemment nous serons très actifs lors de cette enquête publique. A cet effet, nous vous solliciterons afin que vous y participiez et nous soumettiez vos propres interrogations sur ce projet.

Il y aura en fait deux enquêtes publiques : la première fin 2017 pour ce qui concerne l’usine d’incinération ; la seconde probablement d’ici 2020 pour ce qui concerne l’usine de Tri-mécano-biologique.

Pour la suite, nous allons examiner avec le bureau d’études qui nous conseille et avec notre avocat, les points non conformes à la réglementation et notamment à la Loi de Transition Énergétique pour une Croissance Verte (LTECV). Nous en tirerons les conclusions pour un éventuel recours juridique.

Tout au long de cette année, nous aurons besoin de mobiliser nos adhérents et sympathisants pour réunir les sommes nécessaires, tant pour les études techniques que pour les conseils juridiques. Plus que jamais nous avons besoin d’adhérents nombreux pour montrer au Syctom et aux élus que notre audience s’élargit, et que le vote du 26 janvier n’est qu’une des étapes dans une longue lutte contre la reconstruction de l’incinérateur et de son tri mécano-biologique.

Nous aurons également besoin de tous afin de peser sur nos élus au niveau du territoire pour l’application du Plan B’OM et des mesures de la LTECV, ce qui à l’évidence ne va pas de soi. Faire maigrir notre poubelle individuellement et agir sur nos collectivités est la meilleure manière de lutter contre un incinérateur dont la reconstruction doit devenir rapidement inutile.

Pour notre part, nous allons continuer à rencontrer les élus pour leur montrer que les citoyens sont déterminés à changer radicalement la politique déchets sur le territoire du Syctom et à aller vers une décroissance de l’incinération.

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