Qui est le Maître d’Ouvrage de Thermo-sur-Seine


Le réseau de chaleur de Paris a été créé en 1927 par la Compagnie française de chauffage urbain, CGFCU, future CPCU, en réponse à la saleté et la pollution du bois et du charbon qui étaient responsable d’une importante suie qui envahissait Paris. Ce réseau de chaleur qui a initialement débuté près de la gare de Lyon pour réchauffer les trains s’est progressivement étendu à des bureaux, logements, hôpitaux et équipements publics pour devenir le plus gros réseau de chaleur de France.

La CPCU était en charge du transport et de la distribution, via 525 km de canalisations, de la vapeur issue de 12 sites de production :

  • 3 incinérateurs de déchets (Ivry-sur-Seine, Saint-Ouen, Issy-les-Moulineaux)
  • 5 centrales à gaz (Cogé-Vitry, Ivry-Confluences, Kremlin-Bicêtre, Saint-Ouen, Vaugirard)
  • 2 centrales biocombustible/gaz (Grenelle et Bercy)
  • une central biomasse à Saint-Ouen
  • une centrale de géothermie à Clichy-Batignoles

La CPCU était une société d’économie mixte détenue à 66 % par Engie et à 34 % par la Ville de Paris.

Cette entreprise était délégataire du service publique du chauffage urbain via un contrat centenaire avec la mairie de Paris qui arrivait à échéance le 31 décembre 2024.

Le contrat de concession arrivant à échéance, la mairie de Paris a souhaité le renouveler selon un schéma directeur. Elle a réalisé un appel d’offre largement secret. Deux groupements ont soumis leur candidature :

  • Un groupement dirigée par ENGIE, entreprise historique en charge du réseau
  • Un groupement constitué par DALKIA /EIFFAGE /RATP SOLUTIONS VILLE

Suite à une délibération du 19 décembre 2025 (2025 SG 36), le conseil de Paris a voté pour attribuer la concession au groupe DALKIA /EIFFAGE /RATP SOLUTIONS VILLE. Cette délibération a été rapportée par Dan Lert, élu Les écologistes et a été adoptée grâce aux votes des élus socialistes, écologistes et communistes. Les élus de droite et du centre ont voté contre.

A la suite de l’attribution du marché à DALKIA /EIFFAGE /RATP SOLUTIONS VILLE, un contrat de concession a été signé le vendredi 10 avril 2026 entre la Ville de Paris et une SEMOP (société d’économie mixte) associant la Ville de Paris (34 %), la Banque des Territoires (15 %) et l’opérateur économique, constitué par le Groupement DALKIA /EIFFAGE /RATP SOLUTIONS VILLE (51 %) faisant de DALKIA /EIFFAGE /RATP SOLUTIONS VILLE l’actionnaire majoritaire.

La SEMOP est le maître d’œuvre du projet Thermo-sur-Seine, c’est donc elle qui est en charge de l’organisation de la « concertation préalable » organisée sous l’égide de la CNDP (Commission Nationale du Débat Public).

Que demandons-nous à la SEMOP lors de la concertation préalable ?

Nous demandons que soient exposés les motifs et études technico économiques qui ont abouti à la définition du contrat de Délégation de Service Public attribué au groupement lauréat de l’appel d’offre.

En effet, nous ne souhaitons pas uniquement discuter des modalités de mise en place de l’usine Thermo-sur-Seine mais bien évaluer si cette usine est réellement nécessaire pour le réseau de chaleur parisien. Nous souhaitons déterminer si d’autres hypothèses qui n’impliquaient pas la construction d’un nouvel incinérateur brûlant du bois B et des CSR (Combustibles Solides de Récupération) ont été évaluées, et pourquoi celles-ci n’ont pas été retenues.

Par exemple, l’état du réseau de chaleur parisien est très mauvais, il est en large partie en zone inondable, avec 60% de perte d’eau chaude de retour et de 20% de pertes en sous-station qui s’ajoutent aux pertes dues au rendement des usines de production. Les pertes d’eau chaude sont tellement importantes, même en été, que les canalisations du réseau sont considérées comme responsables d’îlots de chaleur urbain par l’APUR (Atelier Parisien d’urbanisme). Cela est dû au fait que la technologie du réseau de chaleur qui consiste à transporter de la vapeur à 240°C dans des canalisations sur des kilomètres est dépassée. Les réseaux de chaleur modernes utilisent des boucles d’eau chaude beaucoup plus petites. Comment se fait-il alors que le contrat de concession ne prévoit pas une rénovation plus massive du réseau, avec transformation de certaines canalisations vapeur en boucles d’eau chaude avant d’envisager son extension ?

Si la Ville de Paris n’avait pas fait le choix d’ajouter 200 000 équivalents logements (le réseau actuel en comporte 450 000), aurions-nous pu éviter la construction de cette usine ?

La rénovation thermique des hôpitaux de Paris (100% des hôpitaux de l’APHP sont raccordés au réseau de chaleur) aurait-elle permis également de réduire suffisamment les besoins en chaleur toute en permettant de traiter le problème du confort thermique d’été ? Sachant qu’actuellement de chaud à l’hôpital !

Le réseau de chaleur de Paris a été construit pour sortir du chauffage au bois et au charbon et un siècle plus tard on nous présente la combustion de bois et de déchets comme une solution d’avenir !

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