Que cache la valorisation énergétique du Syctom ?


Quand on écoute les responsables du SYCTOM ou quand on lit les documents provenant du SYCTOM, on en oublierait presque que ce syndicat intercommunal a pour mission le traitement des ordures ménagères. En effet, il présente ses usines non pas comme des usines d’incinération, ce qu’elles sont, mais comme des centres de valorisation énergétique, en mettant en avant que l’incinération des ordures permet de produire de la vapeur qui va alimenter les réseaux de chauffage urbain. A tel point que lorsque les associations démontrent avec force que, le tonnage des déchets ménagers diminuant régulièrement depuis 15 ans, il faut diminuer le nombre d’incinérateurs, le SYCTOM indique que ces usines sont indispensables pour la production de la vapeur d’eau.

De leur côté, les industriels du secteur du chauffage urbain, au premier rang desquels la CPCU se battent pour faire reconnaître la vapeur d’eau comme une énergie renouvelable et bénéficier, à ce titre, du taux réduit de la TVA. Mais, pour que cette énergie se renouvelle, il faut brûler des ordures … au détriment de l’environnement, de la santé et des émissions de gaz à effet de serre.

A noter que, à Paris, mais aussi à Ivry et dans de très nombreuses communes de la première couronne francilienne, le délégataire du chauffage urbain est la CPCU qui est le plus important réseau de chaleur urbain de France.

Derrière le SYCTOM ou la CPCU qui s’honore du titre d’entreprise publique locale, se cachent des très grandes entreprises, et notamment ENGIE (anciennement GDF Suez) pour ce qui concerne le SYCTOM et la CPCU : ainsi, SITA qui exploite l’usine Ivry-Paris 13 est une filiale de SUEZ elle-même filiale du Groupe ENGIE et la CPCU appartient pour les 2/3 à ce même Groupe ENGIE.

Pour ENGIE, le chauffage urbain est une véritable « vache à lait ». Cette entreprise est rémunérée pour construire et exploiter les usines d’incinération, mais aussi, en tant que délégataire des villes, pour construire et exploiter les réseaux de chauffage urbain.

Les coûts de construction et d’exploitation des réseaux de chauffage urbain se répercutent sur les factures de chauffage et d’eau chaude sanitaire des consommateurs, qui sont le plus souvent des consommateurs captifs. Ainsi, le chauffage urbain alimente un grand nombre de logements sociaux, que ce soit à Paris ou à Ivry. Il alimente aussi les nouveaux quartiers d’aménagement, comme Ivry-Confluences ou le quartier Paris Rive gauche, où locataires comme copropriétaires n’ont pas le choix de leur énergie.

Bien évidemment, quand l’énergie provient de la géothermie ou de la biomasse, il s’agit de véritables énergies renouvelables …

L’étude fine des factures montre que, même si l’énergie issue de l’incinération est moins chère que le gaz ou le fioul mais plus chère que celle provenant de la géothermie ou de la biomasse, les factures sont plombées par les coûts liés aux infrastructures de chauffage urbain. Cela aboutit souvent à ce que le chauffage urbain alimenté au gaz ou avec de la vapeur d’eau issue de l’incinération revienne plus cher au consommateur final qu’une chaudière installée dans l’immeuble ou la résidence …Le taux réduit de TVA permet de dissimuler en partie ce coût exorbitant mais, là, c’est le contribuable qui paye la note … pour le plus grand bien de ENGIE.

Il est temps que les associations de consommateurs, les associations de locataires et les associations de défense de l’environnement et de préservation de la santé s’unissent pour s’opposer aux projets de ces grandes entreprises du secteur de l’énergie.

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